Une histoire familiale ancrée dans la culture alpine
Fondée en 1933 par André Wahl, la librairie a été portée pendant près d'un siècle par la famille Vibert-Guigue. Jean-Louis Vibert-Guigue, alpiniste passionné, a repris les rênes après sa mère Élise, qui a tenu boutique pendant 40 ans. Plus qu'un commerce, c'est un héritage qu'il a fait vivre pendant des décennies.
Dans ce lieu intimiste, près de 10 000 archives se côtoient : livres rares, lithographies, photos anciennes, cartes IGN introuvables, tirages argentiques. Chaque étagère raconte une époque, chaque photo témoigne d'un état de la montagne.
Un camp de base pour les grandes figures de l'alpinisme
La Librairie des Alpes a vu passer Maurice Herzog, Gaston Rébuffat, Catherine Destivelle, Pierre Beghin, Benoît Chamoux. Entre deux ascensions à Chamonix ou au Népal, certains confiaient même leurs sacs à dos à Élise, qui les gardait au fond de la boutique.
C'est ce mélange unique de patine du temps et de fraîcheur des découvertes qui fait de ce lieu un espace à part. On vient y chercher un topo-guide, on repart avec une édition originale de l'Annapurna ou des Portraits de guides de Frison-Roche.
Témoin d'une transformation climatique
Mais ce qui rend la Librairie des Alpes particulièrement précieuse aujourd'hui, c'est ce qu'elle conserve de la mémoire des paysages alpins. Les photos et cartes postales sépia montrent des glaciers monumentaux, des séracs sculpturaux, une Mer de Glace abondante. Des paysages qui n'existent plus.
Les Alpes ont vu leur température augmenter de 2°C au cours du XXe siècle.

